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Note : PCN = Préparation Commerciale pour Nourrisson

Innocemment, je me suis dit que j’allais sevrer mon bébé. Pourquoi ?

Au départ, il était prévu une semaine de séparation, (vacances de la nounou et garde par les grand-parents). Ce n’était pas raisonnable de fournir un stock de mon lait pour une semaine ; surtout que bébé geek est déjà en allaitement mixte (chez sa nounou il a de la PCN). Comme cette semaine de séparation était suivie de trois semaines de vacances pour nous, j’ai entretenu ma lactation, sans insister, en me disant « ce serait très cool que bébé geek reprenne le sein pour les vacances, c’est quand même moins contraignant. »
On partait en Corse, où tous les produits coûtent plus cher (coucou Lily), économiser sur le lait, ça me plaisait, emporter moins de bagages, ça me plaisait, ne pas avoir à préparer de biberons la nuit, ça me plaisait. Sans compter que nous étions disponibles pour bébé à temps plein, avec possibilité de baby-sitting grand-parental en journée (donc sieste) : l’idéal pour allaiter ) à 100%.

Quand nous sommes allés récupérer bébé, après 5 jours de séparation, nous étions très excités de le revoir, et un peu anxieux. Bébé faisait de longues nuits de sommeil (20h-7h), et se portait bien. Allait-il nous reconnaître ? Et reprendre le sein ?

Il a reconnu ses parents et surtout a repris le sein.

J’avais déjà dans ma tête le sevrage, puisque je l’avais envisagé pour cette semaine de séparation. Mais allaiter, c’est trop bien et pratique, donc j’étais ravie de continuer.

Deux semaines après nos vacances, je me faisais opérer — des dents. Une opération que j’attendais, qui aurait dû avoir lieu longtemps auparavant, sauf que j’étais enceinte, et l’intervention avait été annulée pour cette raison. Mon dentiste actuel m’avait prévenu qu’il y aurait l’anesthésie, puis le médicament anti-douleur, qui risquaient de n’être pas compatible avec l’allaitement, et qu’il valait mieux attendre le sevrage. La date était convenue ainsi, puisque je pensais sevrer bébé avant les vacances.

Du coup, pendant que je donnais le sein, en vacances, détendue, je me disais : « sevrer au retour des vacances en deux semaines, ça va le faire ». Quelle naïveté !

En rentrant de vacances, bébé geek ne faisait plus de longues nuits (les boules pour nous), allaiter était donc très confortable pour la nuit. C’était d’autant plus difficile que nous n’étions pas rôdés à préparer des biberons à l’avance, en tant que parents allaitants (pour moi, nous allaitons, je donne le sein). La veille de l’opération, j’ai juste expliqué à bébé que je ne pouvais pas lui donner le sein durant quelques jours, rapport aux médicaments qui n’étaient pas bons pour lui.

Péripétie attenante au récit : après une balade en sous-bois, j’ai découvert une tique sur moi. J’étais en pantalon-tee-shirt-basket-chaussettes pendant que mon fils crapahutait en body, j’ai donc imaginé le pire pour mon bébé que les moustiques dévorent déjà d’habitude.

Malaise car bébé dormait déjà. Le lendemain, en le préparant Papa Geek me demande de confirmer la présence de tiques sur l’aine et sur le bras droit.
On ôte les tiques (avec une pince tire-tic, voir www.tiques.fr pour les infos à jour). La tique peut transmettre la maladie de Lyme. Pour les enfants de moins de 2 ans, on peut avoir un traitement antibiotique préventif.

Le même jour que mon opération, Papa Geek emmenait bébé geek chez le médecin, rapport aux tiques potentiellement restantes et au traitement préventif.
Le traitement antibiotique de bébé contre une éventuelle infection des tiques est le même que le mien post-opération dentaire (Clamoxyl). Ce médicament n’est pas contre-indiqué à l’allaitement (source : CRAT) Et en plus, on en prend tous les deux. Quelle blague !

Suite à mon opération, je repense au sevrage. Pourquoi ?

Hé bien, un mélange entre « j’en ai assez fait », « il accepte le bib », « marre de me réveiller la nuit », etc.
Du coup, j’ai été sur un groupe d’allaitants militants demander des infos sur le sevrage induit par la mère. Les mères m’ont posé des questions sur ma situation pour en savoir plus et me donner leur opinion.
Leurs réponses m’ont fait retourner sur le site du CRAT, où après vérification, mes 3 petits jours de traitement d’un autre médicament ne m’empêchaient pas d’allaiter.

Les mères militantes ont conclu que :

  • je me posais des questions, c’est donc que je n’étais pas tant « au clair » que je le pensais avec le sevrage,
  • mes raisons pour sevrer étaient moisies,
  • j’étais possédée pour avoir mentionné la PCN comme ayant « sauvé ma famille » (mon job et mon couple, quand même…c’est une autre histoire, celle là),
  • je n’étais pas digne de faire partie de l’élite allaitante car j’ai passé mon bébé en mixte à la reprise du boulot,
  • je ne voulais pas le meilleur pour mon enfant, qu’on plaignait donc beaucoup,
  • il valait encore mieux avoir foiré son allaitement (à l’insu de son plein gré) et donner le biberon à contre-cœur, que de continuer à donner du vrai lait humain si on donnait en plus du faux lait de PCN (là je n’ai pas compris, je dois être trop peu émotive ou avoir surmonté mon incapacité à allaiter à 100% en travaillant).

Au mileu de ces déchaînements hormonaux et de ces jugements à l’emporte-pièce par des mères fatiguées et consacrées à élever la future élite, j’ai eu des conseils judicieux et des remarques intéressantes.

Si vous avez lu jusque là, voilà mes idées sur l’allaitement et le sevrage : ce qui me préoccupe, c’est le co-allaitement (allaiter deux enfants d’âges différents en même temps) car je ne m’en sens pas capable. Et ce qui me fait peur, c’est d’allaiter enceinte, car je me souviens de la fatigue des premiers mois.

Une remarque qui m’a été faite a été que souvent la grossesse, modifiant le lait, amenait au sevrage du bébé tétant encore. Il fallait qu’il soit motivé pour prendre encore le sein (on parle de bébé geek qui a repris le sein après une semaine de séparation : un tétouilleur de compétition !). Autre remarque, l’allaitement mixte ne durait pas après les 1 an du bébé, le plus souvent, bébé était passé au biberon de lait de vache directement (+ économique que la PCN, et + dans la norme culturelle française). Donc l’allaitement mixte entravait les « risques » de co-allaitement.

Ma position actuelle est donc de ne pas sevrer et de voir comment se passe la suite…car j’aime allaiter, et je n’ai pas envie d’arrêter. Et depuis que j’ai pris cette décision, mon bébé se met à faire des nuits un peu plus longues. Peut-être parce que je suis plus sereine ?

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