Commençons par une petite excuse à votre égard : je me plains souvent sur ce blog. Et ça n’est pas fini. Cela me permet de décompresser.
edit : Ce billet a été difficile à écrire, comme un aveu, un aveu de faiblesse. La dépendance pour moi, c’est une faiblesse.

En devenant parents, le plus souvent, on « perd » des potes. J’ai l’impression que les potes sans enfants ont peur de ce nouveau statut et pensent qu’on ne sera pas disponibles pour eux.

En plus de devenir parents, nous n’avons pas trouvé mieux que de déménager sur 500km, partant de notre ville natale. Du coup, les amis de 10-15-20 ans, pour certains sont vraiment loin. Et prévoir une sortie la veille pour le lendemain n’est pas à l’ordre du jour.
Dans notre nouvelle ville, nous connaissions déjà 5-6 personnes, de notre réseau pro (pour moi) ou familial (mon geek). Et c’est un bon début pour démarrer un réseau social, si les autres jouent le jeu de nous mélanger à leurs amis.

Nous n’avons pas hésité à sortir avec bébé, quand il était hors de question pour nous d’avoir une baby-sitter (tétées toutes les 3h). Mais cela ne suffit pas pour pouvoir honorer toutes les invitations. Autant l’été, c’est simple, on peut squatter un parc public et pique-niquer. Pour nous, amateurs de portes-bébés en tout genre et avec un bébé allaité d’abord et en bonne santé (enfin à ce moment) ensuite, c’était une bonne solution. Cet été nous sortions tous les weekends, le samedi et le dimanche.

Hélas, dès que vient l’hiver, les sorties demandent plus de logistique. Bébé Geek mange beaucoup de choses trouvables partout (pâtes, légumes, pain, yaourt) mais il faut penser à un bavoir, 2 couches et une petite laine. En plus, sans connaitre du monde, les
invitations ne pleuvent pas.

Pour moi, qui ait souvent dû choisir entre plusieurs soirées (oui, les gens choisissent toujours les mêmes dates), pour moi qui aime entretenir de longues amitiés et rester au courant des tracas et joies quotidiens de mes proches, c’est dur. Je suis hyper-sociable, dans une soirée où je ne connais personne, je suis capable de converser avec plusieurs personnes. Le côté social, voire mondain me manque. Retrouver des amis, leur demander ce qui les tracasse, ce qui les préoccupe et ce qui les enchante, cela me manque. Partager des trouvailles culturelles, s’échanger des bouquins, se faire traîner à des concerts, écouter du nouveau son, aller voir des films improbables, cela me manque. J’essaie de compenser en partie via des relations virtuelles. Mais 140 caractères ne suffisent pas à rendre ma personnalité. Je choisis mes mots pour qu’ils tiennent en 1 tweet, qu’ils soient précisément ce que je veux dire. Mes messages en deviennent pète-sec et pas très spontanés.
J’écris sporadiquement des billets car jf ne sais pas trop si étaler mes émotions au quotidien intéressera des lecteurs, quand mes potes IRL s’en foutent (séquence larmichette).

La parade que nous avons trouvée (oui, mon mec est du même type amical), est d’inviter les gens chez nous. Cela fonctionne, tant qu’on respecte les quelques délais nécessaires aux invitations et rappels. Mais c’est aussi des soirées fatiguantes : ranger, nettoyer un minimum, faire la cuisine, se coucher tard, nettoyer à grande eau le lendemain, re-ranger… Le tout en sachant qu’on sera réveillé à 7:00 le lendemain parce qu’on a un enfant. Du coup, on le fait autant que possible, mais ça doit être une fois par mois. Pour moi, c’est bien peu, et cela ne suffit pas à combler ce manque de relations sociales non-superficielles.

J’ai l’impression que les autres n’osent pas inviter par peur du jugement qu’on va porter sur leur intérieur. Franchement, chez nous, c’est pas rangé, c’est pas nickel, c’est pas non plus immense, mais on n’hésite pas à inviter. On n’hésite pas à repartir de zéro sur les conversations courantes, avant de toucher aux conversations plus intimes. Et cela ne nous dérange pas d’inviter, on adore recevoir…on a juste envie que quelqu’un pense à nous, et nous invite.

Quand est-ce que vous m’invitez, alors ?

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