Viola and Mina share food

Pour moi, l’alimentation, en plus de la survie, fait partie du partage. Dans mon cas, je sais que je pourrais nourrir mon enfant (en termes de quantité ou qualité de nourriture) de manière à assurer sa survie. Et tous les parents inquiets qui consultent un pédiatre ont les moyens de faire survivre leur enfant.
Au lieu de parler directement de l’alimentation infantile, j’aimerais vous présenter la culture de la nourriture dans laquelle j’ai été élevée. Cela participe à ce que je veux transmettre à mes enfants.
Dans ma famille, manger est avant tout source de plaisir. C’est un moment de convivialité, de réunion familiale et de discussions, d’échanges. On partage les mets, les restes, et les histoires.
Quelques repas de fête en famille étendue sont rituels (les kneidlers de ma grand-mère, la vatrouchka de ma mère, le pilaf de ma tante, le caviar d’aubergines de mon père) et rassurants.
J’ai toujours su que tous les soirs à 20h, je verrais mes parents au moment du repas. Cette constante est également une source de stabilité. Je pense que si Bébé Geek aime autant manger, c’est qu’il aime nous voir réunis, il aime nous voir apprécier nos plats. Du coup, il goûte beaucoup de choses qu’on lui propose.
Et puis, la nourriture ingérée, sous prétexte d’équilibre alimentaire et de variété, a toujours été dans ma famille, le moyen de se préparer des bons petits plats. Mon père assure la cuisine quotidienne (et a transmis cela à ses enfants), et ma mère est plutôt dans les repas d’exception et la pâtisserie. Maintenant encore, même seule, et même le soir semaine, je tiens à ajouter des herbes, harmoniser les couleurs des légumes, et équilibrer le menu (pizza-compote de pommes, c’est tout bon, je
ne suis pas dans la perfection non plus, rassurez vous).
Un repas est aussi, à chaque fois, précédé de sa préparation. Ce rituel qui peut se pratiquer à plusieurs est l’occasion d’une transmission de compétences ; on commence enfant à faire la vinaigrette pour la salade, à couper/éplucher les légumes, puis on surveille la cuisson, on goûte, et au fur et à mesure, on peut suppléer le cuistot sur le repas entier. Ce temps de manipulation des aliments est tout à fait pédagogique puisqu’on voit les aliments avant leur transformation, à l’état cru, on voit le travail qui consiste à le rendre appétissant, voire comestible. Du coup, je mets souvent Bébé Geek dans sa chaise haute pendant que je prépare le repas, et je le laisse jouer avec les épluchures ou les légumes crus. Je lui donne quelques morceaux à goûter. Et il apprécie d’être en la compagnie, de participer à la préparation du repas. (Depuis peu, il aide à mettre la table, ce qui l’enchante. Il transporte les couverts et les aliments de la cuisine à la table.)
Quand nous étions ados, chaque enfant avait son soir de préparation de repas dans la semaine. Il fallait soit communiquer la liste des courses pour qu’elles soient faites le mardi, soit composer avec le contenu du frigo. Je pense que cela nous responsabilisait et aiguisait notre créativité.
En résumé, de ma famille, la nourriture est importante, elle se partage, elle se fabrique, elle s’apprécie.
Comment c’est chez vous ?

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